L’ANDROPAUSE
ou
La vie cachée des hommes
La ménopause est un phénomène relativement bien compris. Il n’en est pas de même pour l’andropause, l’équivalent pour l’homme de la ménopause féminine. En fait, l’étude de l’andropause est assez récente et peu documentée.
Définition de l’andropause
L’andropause est un état psychophysiologique qui affecte tous les aspects de la vie d’un homme. Provoqué par des changements hormonaux, physiologiques et chimiques, cet état se manifeste par des répercussions psychologiques, relationnelles et spirituelles. L’andropause signale à l’homme la fin de la première moitié de sa vie et le prépare à vivre la deuxième moitié de sa vie. Comment sera vécue cette deuxième moitié dépendra énormément de l’attitude de l’homme par rapport à cette période : la vivra-t-il en constante recherche d’une jeunesse qui s’enfuit ou en fera-t-il la période la plus passionnante et créatrice de sa vie?
Les changements de l’andropause se produisent généralement entre 40 et 55 ans, mais peuvent prendre place aussi tôt que 35 ans ou aussi tard que 65 ans. On l’appelle aussi le retour d’âge, le climatère, le démon du midi, la ménopause masculine ou la viropause.
La réaction des hommes face à l’andropause
Peu d’hommes aime parler de ce qui les préoccupe ; l’homme est un être plus solitaire et secret que sa compagne. Ils n’osent pas admettre leurs faiblesses ou erreurs, encore moins qu’ils ont l’impression de « décliner » : il est plus masculin de souffrir en silence que d’admettre que quelque chose ne va pas. C’est probablement la raison pour laquelle l’étude de l’andropause vient à peine de commencer. C’est aussi pourquoi beaucoup d’hommes se sentent si seuls durant cette période. L’andropause se vit généralement de façon cachée. Plusieurs s’imaginent que celle-ci annonce la fin de leur vie active et sexuelle et qu’ils doivent maintenant se préparer au vieillissement et à la mort imminente. L’andropause constitue pour les hommes une dernière chance de prendre enfin leur santé en main. Si les hommes connaissaient leur corps autant que la mécanique de leur automobile, ils vivraient probablement plus vieux et en meilleure santé.
Notre perception extrêmement négative de la vieillesse nous rend pénible l’approche de l’âge mûr : nous n’y voyons souvent que maladie et mort. Même la médecine déclare la mort suspecte. Pourtant, la vieillesse, tout comme l’andropause ou la ménopause, n’est pas une maladie ; cela pourrait être pour beaucoup, au contraire, la période la plus heureuse de la vie. L’andropause constitue la transition vers l’âge d’or.
Trois millions de Canadiens de 40 à 55 ans vivent actuellement leur andropause ; ce chiffre doublera d’ici 25 ans. L’espérance moyenne de vie ne dépassait pas 35 ans au Moyen Âge et 50 ans à la fin du XIXe siècle. Les biologistes chercheurs en longévité nous prédisent 150 ans au milieu du XXIe siècle. Nous sommes la première génération à vivre une andropause et une post-andropause.
Que ferons-nous de tout ce temps nouveau ? Quel sens donnerons-nous à notre « vieillesse », surtout si celle-ci gagne en qualité de santé ? Continuerons-nous, comme nos ancêtres et les hommes d’aujourd’hui, à naître, grandir, nous accoupler, nous épouser, avoir des aventures, divorcer et vouloir recommencer ? Ou profiterons-nous du fait que notre sexualité génitale devient moins tyrannique pour nous consacrer à de nouvelles missions éducatives, communautaires, écologiques, spirituelles ? Pourrons-nous devenir, comme le propose Jed Diamond, des « Pacificateurs, des Guides spirituels, des Mentors » et développer une intimité avec le cosmos en étant plus près de nos petits-enfants, complétant ainsi le rôle des grands-mères, rôle qui leur permet de vivre 7 ans de plus que les hommes ?
Andropause versus ménopause
La ménopause survient chez la femme entre 40 et 50 ans. Elle se manifeste par la cessation de l’ovulation, l’arrêt définitif de la menstruation, une chute dramatique de production d’Å“strogènes et de progestérones et par la présence de multiples symptômes tels que bouffées de chaleur, sueurs abondantes, maux de tête, douleurs musculaires, sécheresse vaginale, insomnie, dépression, gain de poids et variations d’humeur. Aucune femme n’échappe à la ménopause.
Même si les hommes vivent une période de changements au milieu de leur vie, on ne peut présenter l’andropause comme un strict équivalent de la ménopause pour plusieurs raisons :
1. Il n’existe pas de changement hormonal radical survenant à un moment précis. Ces changements se font graduellement sur une période de 15 à 30 ans (3 à 5 ans pour la femme).
2. L’homme âgé conserve sa capacité reproductive jusque sur son lit de mort.
3. Les plus grands changements physiologiques au niveau de la sexualité se produisent entre 40 et 70 ans et ne sont pas nécessairement reliés à la baisse de production de testostérone, mais plutôt à l’accentuation du processus de dégénérescence globale ou à la variation d’autres hormones.
4. Il existe parfois chez l’homme des symptômes physiques et psychologiques analogues à ceux de la ménopause (bouffées de chaleurs, sudations, irritabilité…), mais ces manifestations ne surviennent pas chez tous les hommes et ne sont pas aussi intenses.
5. Le stress, la fatigue professionnelle, la perte d’intérêt pour la partenaire, l’émergence de conflits psychiques, les effets secondaires de médicaments, le début d’une dépression…, plus qu’un chambardement hormonal, sont souvent la source des changements et symptômes qu’on observe chez l’homme vieillissant.
Toutefois, nous savons aujourd’hui que plusieurs symptômes (voir tableau) peuvent aussi être provoqués par des changements hormonaux et pas seulement par des facteurs d’ordre psychologique ou relationnel. Les hommes sont aussi susceptibles de subir des cycles hormonaux et des baisses graduelles de plusieurs hormones (testostérone, insuline, hormones de croissance, hormone thyroïdienne, aldostérone, mélatonine, oxytocine, vasopressine, déhydroépiandrostérone (DHEA), dopamine, prégnénolone) qui pourraient expliquer les changements vécus par les hommes de 45 à 70 ans et la dégradation générale de leur bien-être et de leur santé.
Pour imager la différence qui existe entre la ménopause et l’andropause, on pourrait dire que les femmes tombent en bas d’une montagne et que les hommes roulent en bas d’une colline. L’andropause est, pour la majorité des hommes, une ménopause atténuée.
Le démon du midi
La plus grande inquiétude des hommes andropausés est la peur de perdre leur fonction sexuelle. L’impuissance se définit comme une incapacité ou une difficulté à obtenir une érection et à la maintenir afin de vivre une relation sexuelle satisfaisante (avec ou sans pénétration). Aucun homme n’est à l’abri d’impuissances occasionnelles, mais elle est surtout présente après 40 ans. Un homme sur deux la vivrait régulièrement autour de 60 ans. Les causes peuvent être physiologiques ou psychologiques.
La peur de l’impuissance amène des hommes à rechercher auprès de jeunes femmes la preuve qu’ils ne perdent rien de leur virilité. Ces hommes restent de perpétuels adolescents à la recherche d’adolescentes au lieu de faire face à leur andropause et à leurs responsabilités de partenaires et de pères. Ils refusent de vieillir et de faire face à l’échéance ultime. D’autres fuient l’inévitabilité du temps qui passe en s’insensibilisant par l’alcool et les drogues, en recherchant les sensations fortes d’une sexualité débridée, en cherchant le pouvoir, en devenant workaholique ou en s’engageant dans de multiples activités.
Malheureusement, ou heureusement, la réalité rattrapera ces hommes un jour ou l’autre. Ils devront alors tenter d’éviter le désespoir d’avoir passer à côté de leur vie. Certaines femmes vivent aussi une espèce de « démon du midi » et recherchent auprès d’hommes plus jeunes la certitude qu’elles ont encore du charme.
L’hormonothérapie peut venir au secours de l’homme andropausé. La prescription d’hormones de substitution pourrait permettre aux hommes de rester vigoureux et en santé jusqu’à 70, 80, 90 ans et même au-delà . Ces recherches sont toutefois très récentes et doivent être confirmées par d’autres études. L’hormone qui semble présenter les meilleures promesses est la DHEA, ou déhydroépiandrostérone, hormone produite par les glandes surrénales et le cerveau et qui constitue le stéroïde le plus abondant du corps humain. Comme la testostérone, sa production décroît avec l’âge. Les hommes à qui l’on a prescrit de la DHEA éprouvent un regain d’énergie, dorment mieux, se sentent plus détendus, se défendent mieux contre le stress, souffrent moins d’arthrite, retrouvent le goût du sexe… De plus, aucun des hommes ayant pris de la DHEA ne rapporte d’effets secondaires négatifs, pour le moment.
Des injections de mélatonine ou d’hormone de croissance pourraient avoir aussi des effets positifs sur la santé des hommes andropausés, mais ces études n’en sont qu’au stade préliminaire. L’avenir semble très prometteur en ce qui a trait à l’hormonothérapie de remplacement. La dernière découverte est évidemment le fameux Viagra© qui rend toute leur puissance d’érection à près de 80 % des hommes impuissants qui le consomment.
L’acceptation de l’andropause
L’hormonothérapie peut temporairement ralentir le processus du vieillissement et prolonger la jouissance de la vie, mais elle ne peut répondre à la question existentielle de l’homme andropausé : que faire du reste de ma vie ? L’objectif de l’andropause n’est pas de tenter de préserver une jeunesse éternelle, mais de préparer l’homme à son nouveau rôle en tant que personne plus âgée que les autres. Il pourrait devenir le gardien de la sagesse et un modèle pour la jeunesse, au lieu de paniquer et de retenir une jeunesse qui ne peut que lui glisser entre les doigts.
Si, au Québec, le taux de suicide des jeunes hommes de 18 à 25 ans est l’un des plus élevés au monde, c’est probablement que ceux-ci voient leurs pères refuser de vieillir en beauté. Comment peuvent-ils envisager eux-mêmes leur vie s’ils doivent entrer en compétition avec leurs propres pères pour séduire les jeunes femmes de leur âge ? Pour le poète américain Robert Bly, « si les hommes ne complètent pas avec succès l’épreuve de l’andropause pour endosser le rôle d’aînés ou d’anciens, notre société en deviendra une d’enfants. Dans une société d’enfants, les adultes régressent à l’adolescence et, voyant cela, les adolescents n’ont aucun désir de devenir adultes. » De plus en plus d’auteurs interprètent la hausse vertigineuse de la criminalité violente des enfants et des adolescents par l’absence de modèles forts, par l’absence d’éminences grises.
Pour y arriver, l’homme doit changer la conception de son andropause. Il doit cesser de considérer les changements se produisant au milieu de sa vie comme le début de la déchéance. Si l’on compare la vie à une montagne, il n’y a aucun doute qu’à 40-45 ans l’homme arrive au faîte de cette montagne et qu’il puisse vivre son andropause et envisager la vieillesse comme la descente de l’autre versant. Mais ce qu’il doit se mettre dans la tête, c’est que cette descente n’est que passagère et que loin de « retomber en enfance », il existe une seconde montagne après la vallée ; une seconde montagne plus élevée que la première et qui permet d’avoir une vue d’ensemble non seulement sur sa vie particulière, mais sur la vie dans son ensemble. L’homme doit aussi changer son attitude face à la sexualité : il doit passer de la sexualité génitale à la sensualité, à l’amour, à l’intimité.
L’andropause sonne la fin du commencement ; elle constitue l’étape essentielle pour arriver au début d’une deuxième vie. L’homme bien équilibré parvient à s’ajuster au déclin de son ascendant et à la baisse de ses performances sexuelles. Il accepte de vieillir et de mourir. Il devient alors le défenseur de la vie et de ce qui fait que nous sommes réellement des humains : la capacité de penser et de donner un sens à notre vie et à notre mort.
Les symptômes de l’andropause
1. Les symptômes physiologiques les plus courants :
- guérison plus lente après une blessure ou une maladie
- moins grande endurance à l’effort physique
- gain de poids et baisse de la vue
- absences et pertes de mémoire, surtout à court terme
- grisonnement et/ou calvitie
- besoin plus fréquent d’uriner
2. Les symptômes psychologiques les plus courants :
- irritabilité , indécision, anxiété et peurs
- dépression et repliement sur soi
- perte d’entrain et de confiance en soi
- perte de raison de vivre et d’orientation dans la vie
- sentiment de solitude, de manquer de charme, de ne pas être aimé
- absences et difficultés de concentration
- soucis engendrés par des parents vieillissants
- soucis d’ordre professionnel
- nostalgie pour toutes les « occasions » manquées du passé
- obsession d’un face à face imminent avec la mort
3. Les symptômes de nature sexuelle les plus courants :
- baisse d’intérêt pour la sexualité et la partenaire habituelle
- craintes grandissantes au sujet des changements de nature sexuelle
- fantasmes plus fréquents de relations sexuelles avec d’autres partenaires, de préférence plus jeunes
- multiplication des problèmes de couple et des querelles à propos du sexe, de l’amour et de l’intimité
- absence ou perte d’érection pendant les rapports sexuels
- augmentation ou disparition de la masturbation
- crainte de ne plus être à la hauteur, de ne plus satisfaire sa partenaire
Les cycles hormonaux de la testostérone
Quoique les recherches dans ce domaine soient encore embryonnaires, celles-ci tendent à démontrer l’existence de cinq cycles hormonaux chez l’homme.
1. Baisse des taux hormonaux lors de l’andropause.
2. Fluctuations annuelles : taux plus élevés en octobre et plus faibles en avril.
3. Fluctuations mensuelles de nature rythmique.
4. Fluctuations quotidiennes : taux élevés en matinée, plus bas en après-midi.
5. Augmentation aux 15-20 minutes (probablement responsable des 400 pensées sexuelles par semaines que vit l’homme normal).
Toutes ces variations sont toutefois moins dramatiques que chez les femmes.
Il existe trois signes avant-coureurs du grand âge.
Le premier est la perte de mémoire à court terme et…
j’ai oublié les deux autres.
Anonyme
Pour en savoir davantage sur l’andropause, je vous suggère la lecture de mon livre Pour que le sexe ne meure pas. La sexualité après 40 ans. Publié aux éditions Option Santé : http://www.optionsante.com/yd_livres.php?livre=6.
Bibliographie
Aubry, M. Dr. Hill, Viropause/Andropause : The Male Menopause, Paperback
Braverman, Eric R., Male Sexual Fitness, Causes and Solutions for Andropause, Paperback
Carruthers, Malcolm, Male Menopause, HarperCollins Publishers
Debled, L’andropause, Éd. Maloine, 1996
Diamond, Jed, Andropause, Ce que les hommes ne disent pas et qui transforme toute leur existence, Éd. Libre Expression, Montréal, 1999
Proulx-Sammut, Lucett, Son andropause mieux comprise, mieux vécue, Édimag, 1993
Rose, Marc R., Woman’s Guide to Male Menopause, Keats Pub Inc
Tan, Robert S., The Andropause Mystery: Unraveling Truths About the Male Menopause, Paperback
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Yvon Dallaire est l’auteur de Pour que le sexe ne meure pas (dont cet article est tiré). Il exerce en pratique privée au Centre Psycho-Corporel de Québec et offre des conférences au Québec et en Europe, sur demande. Vous pouvez communiquer avec lui par courriel à : info@optionsante.com ou visiter son site à www.optionsante.com
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La réelle fonction du père
Par Yvon Dallaire, psychologue
(Texte tiré de Homme et fier de l’être publié aux Éditions Option Santé)
À l’occasion de la fête des pères (le 20 juin pour la majorité des pays et le 13 juin pour les Belges), permettez-moi de vous offrir ce texte sur la réelle fonction du père. Je vous invite à l’offrir à votre père et à le diffuser autour de vous. Un cadeau original ! Bonne fête à tous les papas !
Note historique : La première fête des pères fut célébrée à Spokane (État de Washington) le 19 juin 1910. C’est Sonora Smart Dodd, élevée ainsi que ses cinq frères et soeurs par son père Henry Jackson Smart suite à la mort de leur mère, qui en eut l’idée. L’idée d’une fête nationale et annuelle des pères fit son chemin, mais ce n’est qu’en 1966 qu’elle devint officielle aux États-Unis. La France la célèbre depuis 1968. J’ignore en quelle année eut lieue la première fête des pères au Québec, en Belgique et en Suisse. Quelqu’un(e) le sait ? Pour la majorité des pays, elle se tient le 3e dimanche de juin, mais le 19 mars, fête de St-Joseph, en Italie, en Espagne et au Portugal. Au Luxembourg, elle a lieu le 3 octobre. La première fête des mères remonte à la Grèce antique. La France a inauguré le premier dimanche de mars une fête des grands-mères depuis 1987.
Dans un contexte social où de plus en plus de pères veulent s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants, il serait peut-être bon de se poser la question : « En quoi consiste réellement la fonction paternelle ? » En quoi sa fonction est-elle complémentaire, et non similaire, à la fonction maternelle ? Quelle est la mission réelle du père ? Voici quelques éléments de réflexion que j’ai glanés au cours de mes lectures et de ma vie de père et qui m’ont servi à écrire le chapitre « Un père, pour quoi faire ? »
Il existe une différence fondamentale entre rôle sexuel et fonction sexuelle. En résumé, le rôle désigne des comportements, des actes ou des attitudes conscientes, volontaires, concrètes, interchangeables et relatifs comme les tâches ménagères ou de pourvoyeurs. Ces rôles évoluent au gré du temps et des modes et peuvent être indifféremment remplis par la mère ou le père (identité de genre). La fonction est à l’inverse des rôles car celle-ci est inconsciente, psychologique (non volontaire), unique, spécifique et absolue (identité sexuée). Aucune mère, malgré sa bonne volonté, ne peut remplir la fonction paternelle ; elle ne peut remplir que « sa » fonction maternelle. Et vice versa !
La fonction maternelle est d’abord une fonction de matrice, de source nourricière, d’enveloppe, de réceptacle de vie, de rétention. La bonne mère représente l’abri, la sécurité, la protection, la chaleur, l’affection, la fusion, la compréhension… La mère représente l’amour. La fonction du père en est une de séparation, d’expulsion du sein maternel, de distinction, de différenciation. Le bon père doit éduquer ses enfants dans le sens étymologique du mot « educare » : faire sortir, tirer dehors, conduire au-dehors avec soin, montrer le chemin.
La fonction du père est de séparer l’enfant de la mère. Il doit s’interposer entre la mère et l’enfant pour permettre à l’enfant de développer son identité en dehors de la symbiose maternelle et rappeler à la mère qu’elle est aussi une femme, une amante, un être de plaisir, non seulement un être de devoir généreux. Si la mère représente l’amour fusionnel, le père représente les limites, les frontières, la séparation psychologique.
L’enfant a besoin de sentir toute l’attention de la mère pour découvrir sa puissance. Mais il a aussi besoin des interdits de son père pour connaître ses limites et apprendre à faire attention aux autres. L’enfant apprend, par sa mère, qu’il est au centre de l’univers, de son univers ; il doit apprendre, par son père, qu’il existe d’autres univers avec lesquels il devra collaborer pour survivre et s’épanouir. L’enfant doit apprendre à se situer à mi-chemin entre l’attitude du chat et du chien. Le chat se croit le maître en voyant tout ce que son « esclave » fait pour lui, alors que le chien perçoit son propriétaire comme son maître parce qu’il est capable de tout faire pour lui.
D’après les psychologues, la fonction paternelle se manifeste dans cinq secteurs précis :
1. La protection. Auparavant, grâce à sa force physique, cette protection était surtout limitée aux dangers physiques extérieurs : l’homme des cavernes devait protéger les siens de prédateurs de toutes sortes. L’homme du XXIe siècle sera de plus en plus appelé à assurer, en plus, une sécurité émotive non seulement pour ses enfants, mais aussi pour sa femme (c’est d’ailleurs là l’une des principales demandes de la femme moderne). Sa femme et ses enfants veulent pouvoir compter sur lui. Pour ce faire, il doit évidemment être présent, physiquement et psychologiquement, et être valorisé dans cette fonction.
2. L’éducation. Le père doit faciliter à ses enfants l’apprentissage du contrôle de soi ; il doit leur apprendre à renoncer à la satisfaction immédiate de ses besoins et désirs ; il doit leur apprendre la patience. Il doit surtout les aider à canaliser leur agressivité vers une expression positive et constructive de celle-ci. Il est évident que, ce faisant, il apprend lui aussi à mieux gérer ses propres besoins et sa propre agressivité. Mais n’est-ce pas en enseignant qu’on apprend à enseigner ?
3. L’initiation. Le père a aussi comme fonction d’humaniser l’enfant à la frustration et au manque afin de pouvoir l’intégrer dans le monde adulte et le monde social, comme cela se fait dans les rituels initiatiques des tribus dites « primitives ». Le père initie l’enfant aux règles de la société, sinon aucune vie sociale n’est possible. La démission du père à ce niveau, ou son exclusion, est probablement en grande partie responsable de l’augmentation croissante de la délinquance juvénile. Les enfants deviennent délinquants parce qu’ils continuent de croire que tout leur est dû et que les autres sont à leur service (comme l’était maman).
4. La séparation. La femme moderne demande à l’homme de l’accompagner dans toutes les étapes de la grossesse, de l’accouchement et des soins de l’enfant et je crois que cet accompagnement constitue une excellente façon de développer le sens de la paternité. Mais, j’insiste pour réaffirmer que la fonction du père est de séparer l’enfant de la mère et la mère de l’enfant et non pas de former une « sainte trinité » où chacun perd son identité. Ainsi, le père permet la survie et l’épanouissement de l’enfant ; ainsi, l’homme permet la survie et l’épanouissement de la femme qui existe dans la mère.
5. La filiation. Peu importe le nom de famille donné à l’enfant, celui-ci a besoin de savoir qu’il a un père et qui est ce père. Il a aussi besoin de savoir qu’il s’inscrit dans une lignée qui possède une histoire. Il a besoin de se sentir relié à l’humanité, qu’il fait partie de la grande famille humaine. Traditionnellement, la filiation était patrilinéaire ; elle assurait au père qu’il avait un fils ou une fille et elle assurait à l’enfant, fille ou fils, qu’il avait bien un père, ce père.
La maternité ne fait pas de doute : la mère sait que c’est « son » enfant parce qu’elle l’a porté. La paternité, elle, doit parfois être prouvée et c’est la raison principale pour laquelle, ne l’oublions pas, la filiation patrilinéaire et la monogamie se sont développées. L’homme peut ainsi être assuré qu’il est vraiment le père de ses enfants et qu’il peut consacrer ses ressources, sa force de travail et son affection à leur survie et leur développement. C’est une attitude extrêmement paranoïde de croire que les hommes ont inventé ces institutions pour asservir les femmes. Ils l’ont fait pour protéger leurs droits, leur paternité, ce qui m’apparaît un mobile tout à fait légitime. Sinon, l’homme serait encore plus esclave de la femme en ce sens que sa fonction serait réduite à son rôle de pourvoyeur : améliorer les conditions de vie de n’importe quel enfant et il devrait probablement prendre en charge de nombreux enfants qui ne sont pas les siens. D’ailleurs, diverses études rapportent qu’actuellement de 2 à 8 % des enfants sont élevés par un père qui n’est pas le leur et ce, à l’insu du père.
Déjà , en juillet 1966, Margaret Mead proposait dans un article de Redbook le mariage en deux étapes. La première consistait en un lien légal sans véritable engagement et sans conséquences advenant un divorce : le mariage individuel ou amoureux. La deuxième étape légalisait la relation à long terme avec des garanties concernant les enfants en cas de divorce : le mariage parental. Ce mariage unirait les co-parents à vie. La première étape a donné naissance au foisonnement des unions libres des années 70 et 80. Mais la deuxième étape n’a jamais pris forme. Les enfants n’ont aucune garantie que leurs droits seront respectés dans le cas de divorce. Les mariages basés sur le sentimentalisme, le non-engagement et l’absence de sens pratique responsable deviennent évidemment explosifs et traumatisants pour toutes les parties en cause au moment du divorce, et les enfants sont souvent l’enjeu des disputes entre ex-amants.
Les alternatives du père
Devant la situation actuelle, l’homme devenu père se trouve face à une alternative que l’on peut présenter de différentes façons :
1.   Il délègue toutes ses responsabilités à la mère et lui laisse tout le pouvoir ou bien il s’approprie la partie du pouvoir qui lui revient et fait partie intégrante du triangle familial.
2.   Il reste le pourvoyeur de nourriture qu’il a été depuis le début de l’humanité ou bien il s’implique en plus au plan relationnel et émotif pour éviter d’être le père manquant à l’origine des enfants manqués (Guy Corneau) parce qu’ils ont eu trop de mère et pas assez de père.
3.   Il démissionne et ne sert que d’épouvantail au service de la mère (bonhomme 7 heures ou père fouettard) ou bien il se tient debout et se « bat » pour remplir sa fonction de père.
Comme l’a si bien fait ressortir le sociologue québécois Germain Dulac (La configuration du champ de la paternité : politiques, acteurs et enjeux, in Lien social et politique, no 37, printemps-été 1997), les études faites sur la paternité l’ont été autour des quatre paradigmes négatifs suivants : la passivité, l’absence, la violence et l’abus. On s’est plutôt penché sur les conséquences de l’absence ou de la passivité du père et sur les effets négatifs des abus de pouvoir paternels plutôt que de chercher à étudier la paternité pour elle-même, ses caractéristiques intrinsèques, ses apports à l’éducation et l’évolution des enfants ou les façons de mieux l’exercer.
Il serait temps que le discours des pères - et partant celui des hommes - soit enfin entendu pour ce qu’il est : une réelle volonté de participer à l’éducation des enfants et à l’évolution de l’humanité.
Pour continuer votre réflexion : Homme et fier de l’être : http://optionsante.com/yd_livres.php?livre=7
Je vous souhaite un été plein de chaleur et toutes les vacances que vous méritez.
Veuillez agréer mes meilleures salutations.
Yvon Dallaire, psychologue et auteur
yvondallaire@optionsante.com
http://www.yvondallaire.com
http://www.coupleheureux.com
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Publié par yvondallaire dans Bonheur conjugal, amour, communication, couple, psychologie, tags: amour, bonheur, communication, couple, psychologie, relations de couple
Commentaires de Jacques Salomé
à propos du livre Qui sont ces couples heureux ?
du psychologue Yvon Dallaire.
Le bonheur
Il existe des couples heureux, nous en avons tous rencontrés, mais nous allons découvrir avec le livre d’Yvon Dallaire, extrêmement bien construit, que ce ne sont pas nécessairement ceux qui l’affirment haut et fort qui sont les plus heureux. Un chercheur, un praticien des relations conjugales ne peut se contenter du témoignage de tous ceux qui déclarent qu’ils « vivent heureux depuis 20, 30 ou 40 ans ! » ou qui définissent leur entente à partir de leur autosatisfaction à avoir « gagné le gros lot en épousant l’âme sœur » ou encore sur ceux qui s’appuient sur la fidélité de leur partenaire ou de la leur. Il se doit de tenter de mieux comprendre ce qui fait que certains couples s’enferment dans le malheur et que d’autres s’épanouissent dans ce qui paraît être quelque chose de proche du bonheur.
L’auteur, psychologue et sexologue, bien connu dans les pays francophones, va nous faire découvrir que les couples heureux ont une histoire non seulement personnelle, mais une histoire de couple qui a du sens, une histoire vivifiée au quotidien par des conduites de vie qui vont leur permettre de traverser les malentendus et les conflits inévitables qui jalonnent une vie à deux. Ces couples ont su se ressourcer dans les crises et maintenir un degré de cohésion face aux forces de séparations qui agissent dans toute vie de couple.
Les couples heureux passent par les mêmes étapes, les mêmes confrontations, les mêmes moments difficiles que tous les autres, mais ils vont réagir différemment aux situations conflictuelles : ils n’entretiennent pas les différends, tout en acceptant les différences. Ils ont, nous dit l’auteur, une intelligence émotionnelle plus ouverte et j’aurais envie d’ajouter, après cette lecture stimulante, une intelligence relationnelle plus élevée, plus concrète, plus ancrée dans le réel que les autres couples qui vont (trop souvent) s’acharner à développer des mécanismes autodestructeurs et qui vont entretenir des scénarios répétitifs dans lesquels ils vont s’enliser, se noyer ou se résigner.
« Absolument personne n’est préparé au mariage, c’est le mariage qui prépare au mariage. » À partir de cet axiome qui me paraît tout à fait vrai, Yvon Dallaire va nous montrer, nous démontrer avec beaucoup de cohérence et une conviction fondée non seulement sur sa pratique de thérapeute de couple, mais aussi sur les travaux de plusieurs chercheurs (qui mériteraient d’être plus connus), que les couples heureux sont ceux qui ont su établir un équilibre entre les moments de fusion (satisfaction mutuelle des désirs et des besoins) et les moments de distanciation, de séparation (où peuvent se vivre le sentiment du manque lié à l’absence et retrouver l’appétence de se revoir). Ce sont des couples qui pourront passer de la fusion (disparition des différences) à l’intimité partagée (reconnaissance des différences).
Les couples heureux sont ceux dans lesquels chacun des partenaires ne fait pas porter sur l’autre la responsabilité des tensions, des conflits imprévisibles qui vont surgir, mais qui vont accepter que le couple soit un lieu privilégié pour vivre des crises qui vont permettre à chacun de grandir. Cette affirmation en surprendra plus d’un, mais elle se révèle convaincante dans les démonstrations qu’en fait l’auteur.
Les couples heureux sont ceux où les partenaires ont renoncé à la lutte pour le pouvoir sur l’autre et accepté une inter influence à valeur d’autorité mutuelle (pour permettre à chacun d’être auteur de sa propre vie). Ils acceptent que chacun puisse influencer l’autre pour lui permettre d’être plus lui-même, d’accéder au meilleur de lui. Le couple véritable est possible quand chacun des partenaires est suffisamment autonome, différencié de l’autre et capable de se relier à d’autres personnes sans que cela soit vécu dans la culpabilisation ou comme une menace pour la relation de couple.
Le couple heureux est un couple où les besoins relationnels de chacun (se dire, être entendu, être valorisé, être reconnu et avoir une intimité propre) sont entendus, comblés et respectés. C’est encore un couple où chacun des partenaires peut vivre une double intimité : intimité commune et partagée et intimité personnelle et réservée. Quand chacun privilégie la relation en découvrant qu’ils sont toujours trois : l’un et l’autre et la relation qui les relie. Que cette relation est importante pour chacun et qu’il leur appartient de la nourrir, de la vivifier, de la dynamiser.
Yvon Dallaire sait combien les jeux de pouvoir peuvent être destructeurs d’une relation, même quand existent des sentiments forts, mais qui ne résisteront pas si l’un veut imposer son jeu et ses règles, tout en refusant ou sabotant le jeu et les règles de l’autre.
Les couples heureux sont ceux qui ne s’abritent pas derrière leurs sentiments, qui ne mettent pas toujours en avant leur amour, pour en faire un alibi, un enjeu de chantage ou de pression. Ils vont découvrir, ce que moi-même j’ai mis longtemps à reconnaître, que ce n’est pas l’amour qui maintient ensemble deux êtres dans la durée, mais la qualité de leur relation et que cette qualité passe par le respect de certaines balises.
Yvon Dallaire nous rappelle, à plusieurs reprises, ce propos d’une vérité profonde « que l’amour est l’objectif de la relation », qu’un amour va se construire au-delà de l’attirance, des premiers émois, des fantasmes sur ce que devrait être (ou ne pas être) l’autre pour passer à l’espérance et à la connaissance, c’est-à -dire à la co-naissance qui participe d’une naissance avec l’autre. En renonçant à entretenir des pseudos croyances ou des mythologies personnelles telles que l’amour peut tout, que c’est lui qui va nous aider à résoudre nos difficultés, à apaiser nos souffrances, à réparer les blessures de notre enfance…
« Les couples heureux savent qu’on peut s’aimer même dans le désaccord ! »
Au cours des différents chapitres, qui sont autant d’initiations à la vie de couple, l’auteur va démystifier de façon qui me paraît extrêmement saine, la surévaluation de la communication, de la toute-puissance donnée à celle-ci dans les dernières années par de nombreux spécialistes en dégonflant des certitudes bien ancrées, quand il nous affirme entre autres « que les conflits de couple sont pour la plupart insolubles ». Il nous invite ainsi à un changement radical de notre regard en nous proposant de ne plus fuir dans la recherche de solutions, mais dans l’acceptation d’une évolution des positions dans un conflit. En nous présentant les six sources de conflits insolubles : l’éducation des enfants, la gestion financière du budget familial, les relations avec la belle-famille, la répartition des tâches ménagères, l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle ainsi que la vie sexuelle, il attire notre attention sur le fait de ne pas s’enfermer dans la recherche d’un accord à tout prix, c’est-à -dire le plus souvent de la réduction de l’autre à notre position. Les couples heureux seront ceux qui, paradoxalement, accepteront de vivre avec des désaccords permanents où chacun connaît la position de l’autre sans s’y rallier ni tenter de la démolir.
Les couples heureux en acceptant de vivre la crise quand elle se présente, plutôt que de la majorer, se donnent plus de chance de la traverser sans se détruire. « Ils acceptent les imperfections de leur partenaire parce qu’ils savent qu’eux-mêmes ne sont pas parfaits. » Tout en continuant à admirer leur partenaire, à maintenir une estime élevée pour lui, ce qui semble être à la base même d’un amour vécu dans la durée.
Les couples heureux sont heureux non parce qu’ils le décident, mais le plus souvent sans savoir pourquoi ils le sont. Pour Yvon Dallaire, le constat qu’il pose est qu’ils ont un goût et des dispositions évidents pour l’auto-responsabilisation en refusant de s’enfermer dans le double piège possible de l’accusation (disqualifiante) de l’autre et de l’auto-accusation (dévalorisante) de soi.
Le travail de balisage proposé par l’auteur quand il décrit ce que devraient être les objectifs d’un couple tels l’épanouissement personnel, l’éducation des enfants, l’organisation matérielle et financière, la vie sociale (commune et personnelle de chacun), la répartition des tâches ménagères, la réussite professionnelle, l’épanouissement sexuel et certainement la capacité d’entraide devraient permettre à beaucoup de lecteurs et de lectrices de se retrouver et de trouver des ancrages pour mieux se positionner dans leur vie conjugale.
Ce livre, j’aurais dû le dire plus tôt, est passionnant, extrêmement bien documenté, démystificateur de beaucoup de croyances erronées sur le couple, stimulant par les remises en cause qu’il suscite, encourageant par les ouvertures qu’il propose.
Mon sentiment après l’avoir refermé est qu’il apporte quelque chose de neuf dans un domaine qui a été beaucoup exploré. J’ai apprécié la rigueur de l’analyse, le choix des exemples, la pertinence des reliances pour nous inviter, si nous vivons en couple, à prendre la responsabilité de notre propre bonheur à vivre à deux et, si nous ne vivons pas encore en couple, à espérer que cette aventure soit un jour possible.
Jacques Salomé.
(Ce texte se retrouve en préface du livre Qui sont ces couples heureux ? Surmonter les crises et les conflits du couple. Québec, Éd. Option Santé, 2006.)
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La ZOOTHÉRAPIE
Nouvelles avancées
Par Georges-Henri Arenstein et Jean Lessard
(Québec, 30 avril 2010) - Yvon Dallaire et Les Éditions Option Santé sont fiers d’annoncer la parution du livre La ZOOTHÉRAPIE. Nouvelles avancées. Écrit par les auteurs Georges-Henri Arenstein, Jean Lessard ainsi que plusieurs autres collaborateurs, ce livre fait découvrir les praticiens de la zoothérapie et présente les facettes de cette technique qui s’avère être aussi efficace qu’enrichissante.
Constatez l’évolution de la zoothérapie dans plusieurs villes et pays. Voyez ce que peuvent offrir des hôpitaux aux enfants cancéreux. Apprenez comment la zoothérapie joue un rôle auprès de patients en soins palliatifs. Découvrez comment le cheval constitue le pivot et l’axe de changement dans une démarche d’appropriation de la sensibilité sensorimotrice, affective et sociale. Voyez comment adapter la zoothérapie à diverses démences dégénératives. La zoothérapie et la cynopédagogie servent également les enfants déficients. Enfin, amusez-vous de quelques observations sur le chien et l’humain sont-ils faits pour vivre ensemble ? Ces témoignages et ces projets stimuleront la créativité de tout intervenant désireux d’évoluer dans cet univers en ébullition !
Georges-Henri Arenstein partage son temps de psychologue en trois volets : la psychothérapie, l’expertise psycholégale et l’enseignement à l’UQÀM. La zoothérapie fait partie de ses spécialités : il exerce cette discipline avec ses deux chiennes dans plusieurs milieux et il l’enseigne dans deux établissements (au Québec et au Mexique). Dans ses loisirs, il dirige une troupe de théâtre qui a déjà six productions à son actif.
Jean Lessard est comportementaliste canin à l’Hôpital Vétérinaire Rive Sud. Chroniqueur, auteur et conférencier, il est présent dans les magazines, à la radio et à la télévision. Il a publié Comme un chien chez Le Jour, éditeur et collaboré aux ouvrages La Zoothérapie, une thérapie hors du commun, publiée aux Éditions Ressources et Comportement chez le chien et le chat; observer, comprendre, modifier, publié aux éditions CCDMD.
Publié aux Éditions Option Santé - Parution mai 2010
Prix : 29,95 $ / 22 euros - 264 pages,
ISBNÂ : 978 2 922598 28-5
Pour un service de presse, communiquez avec DG-Diffusion pour la France, Transat Diffusion pour la Suisse, SDLCaravelle pour la Belgique et Option Santé pour le Québec (418-687-0245)
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Publié par yvondallaire dans Bonheur conjugal, Divorce, Infidélité, amour, communication, couple, sexualité, séduction, tags: communication, couple, Divorce, séduction, sexualité
Un nouveau livre du psychologue – sexologue
Yvon Dallaire
CHRONIQUES CONJUGALES
Pour tous les couples qui s’aiment
et qui veulent continuer de s’aimer
Introduction
Les cinquante-deux chroniques (dont vous trouverez la liste ci-dessous) ont originalement été publiées chaque dimanche dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec, dans la section Couple entre le 22 juin 2008 et le 14 juin 2009. C’est la réaction positive du public qui m’a encouragé à les réunir dans ce recueil. Et les éditions Quebecor, propriétaire du Journal, ont accepté de les rassembler en recueil et de les publier. Ces chroniques sont présentées dans leur ordre de publication. Certaines se suivent ; d’autres étaient un reflet de l’actualité du moment. Toutes présentent la réalité du couple, tel qu’il se vit au quotidien, et non le couple idéal espéré de tous et de toutes.
Malgré les difficultés de la vie à deux, le couple constitue toujours le meilleur style de vie et la meilleure stratégie pour augmenter les probabilités de bonheur à long terme. Tous les couples sont heureux lors de la période de séduction et de la lune de miel, soit de quelques mois à tout au plus deux ou trois ans. C’est après que les choses se corsent, au moment où les deux partenaires commencent à se montrer sous leur vrai jour et que les responsabilités familiales, professionnelles, financières et autres deviennent de plus en plus lourdes.
Certains couples savent toutefois rester heureux à long terme : ils ont appris à mieux gérer les crises et les conflits inévitables de la vie à deux. Pourquoi réussissent-ils là où la majorité échoue ? En quoi sont-ils différents des couples malheureux ou de ceux qui divorcent ? Que font-ils que les couples malheureux ne font pas ?
Différentes recherches ont découvert que les membres des couples heureux manifestent des attitudes et des aptitudes qui font cruellement défauts à ceux qui, d’amants intimes, deviennent rapidement ennemis intimes. Deux ennemis qui s’endureront toute leur vie ou finiront par divorcer pour recommencer, avec un nouveau partenaire, le même scénario destructeur : séduction, fusion, compétition et séparation. Les couples heureux, quant à eux, réussissent à éviter, non sans de nombreuses confrontations, les pièges dans lesquels se retrouvent les couples qui divorcent ou qui se résignent. Eux aussi passent par la séduction, la fusion, la compétition, mais au lieu de se séparer ou de se résigner, ils apprennent à partager le pouvoir.
Heureux ou malheureux, tous les couples traversent des moments critiques identiques et font face aux mêmes sources de conflits, conflits souvent insolubles. Toutefois, à l’amour et à la bonne foi du début, les partenaires heureux ont su perdre leurs illusions adolescentes pour acquérir les connaissances et faire les efforts nécessaires afin de transformer leur relation en un lieu de croissance personnelle, conjugale et familiale.
Il est facile, au restaurant par exemple, de différencier les vieux couples qui s’aiment de ceux qui se sont faits la guerre et ne parviennent plus à communiquer. Les couples heureux se touchent, se regardent, se parlent ; leurs yeux sont pétillants ; ils sont animés. Ils respirent l’harmonie et la paix et deviennent, pour nous, des modèles prouvant que la vie à deux est possible à long terme, malgré tout.
Ces couples, souvent à la retraite, voyagent, s’impliquent socialement, font du travail bénévole ou sont tout simplement prêts à partager leur bonheur avec leurs enfants, leurs petits-enfants, leur entourage immédiat et lointain. Ils font preuve d’une très grande réceptivité, ayant été, malgré les épreuves inévitables de la vie, comblés par celle-ci. Ils deviennent des modèles à imiter et sont souvent des modèles enviés.
À l’inverse, il est tout aussi facile d’identifier, toujours au restaurant, les couples qui en sont encore à l’étape de la passion : ils ont l’air seuls au monde et n’ont de regards que pour eux. Quant aux couples malheureux, ils échangent à peine quelques propos : l’homme lit souvent un journal ou jette des regards tout autour ; la femme, tête baissée, regarde son mari par en dessous, espérant qu’il s’intéresse à elle et elle lui en veut de ne pas le faire. La tension entre les deux est évidente et palpable.
Les vieux couples heureux ont l’air d’avoir beaucoup de plaisir à être ensemble malgré les épreuves qu’ils ont traversées, ou grâce à elles. Ils sont des exemples vivants qu’il est possible de persévérer et de surmonter les crises existentielles du couple. Ils démontrent aussi que l’amour peut évoluer, se transformer et rester solide. Ils nous disent que la vie à deux demeure encore la meilleure façon de la vivre.
J’espère que la lecture de ces cinquante-deux chroniques vous aidera à faire partie des couples heureux et aidera vos enfants à suivre vos traces. J’espère que la lecture de ces différentes chroniques vous aidera à mieux comprendre les enjeux de la vie à deux et vous permettra d’acquérir les outils indispensables à votre épanouissement personnel, conjugal et social. Car n’oublions jamais que le couple, formé de l’union de deux individus, constitue non seulement la base de la famille, mais aussi la base de notre société.
Ainsi va le couple, ainsi va la société.
Sommaire
Préface
Introduction
Chronique #1Â : Le couple va mal
Chronique #2 : Amour ou passion ?
Chronique #3 : La femme ; un être de relation
Chronique #4 : L’homme ; un être d’action
Chronique #5 : Le couple : un organisme vivant
Chronique #6 : Les cinq étapes du couple
Chronique #7 : Les femmes échangent, les hommes argumentent
Chronique #8Â : Des conflits insolubles
Chronique #9Â : Des moments critiques
Chronique #10Â : Les couples heureux
Chronique #11 : Les cavaliers de l’apocalypse
Chronique #12Â : La communication klaxon
Chronique #13 : Êtes-vous heureux ?
Chronique #14 : Les relations toxiques
Chronique #15 : Faut-il avouer une infidélité ?
Chronique #16Â : Vivre seul et heureux
Chronique #17 : Couple et santé
Chronique #18Â : Le chantage
Chronique #19 : Intimité ou fusion
Chronique #20 : Est-ce que l’amour peut tout ?
Chronique #21 : Sexes : opposés ou complémentaires ?
Chronique #22 : L’amour et l’argent
Chronique #23Â : La violence conjugale
Chronique #24 : Les secrets des couples heureux (1ère partie)
Chronique #25 : Les secrets des couples heureux (2e partie)
Chronique #26 : Le couple, un projet de vie
Chronique #27 : Dites : « Je t’aime »
Chronique #28 : Quand et comment quitter
Chronique #29Â : Survivre au divorce
Chronique #30 : Êtes-vous un couple stressé ?
Chronique #31 : Le couple : hier, aujourd’hui, demain
Chronique #32 : La séduction
Chronique #33 : M’écoutes-tu quand je te parle ?
Chronique #34Â : Couple et enfant
Chronique #35 : Homme, femme et émotions
Chronique #36Â : La rupture amoureuse
Chronique #37 : L’art de bien se disputer
Chronique #38Â : Amour et jalousie
Chronique #39 : Le déséquilibre relationnel
Chronique #40 : Le dépendant affectif
Chronique #41 : Le contredépendant affectif
Chronique #42 : L’andropause ou la vie cachée des hommes
Chronique #43Â : Les besoins conjugaux des femmes
Chronique #44Â : Les besoins conjugaux des hommes
Chronique #45 : La banque d’amour
Chronique #46Â : Les styles de vie
Chronique #47 : L’illusion de l’âme soeur
Chronique #48 : Le partenaire approprié
Chronique #49 : Le sens des responsabilités
Chronique #50 : L’intelligence émotionnelle conjugale
Chronique #51Â : La fonction paternelle
Chronique #52Â : Couple et vacances
Liste des tableaux
Bibliographie
Remerciements
Le livre est (ou sera bientôt) disponible dans toutes les bonnes librairies de la francophonie ou sur commande aux éditions Option Santé : http://www.optionsante.com/livres_n.php.
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Les étapes de la vie amoureuse
Yvon Dallaire, Psychologue, Sexologue, Conférencier et Auteur canadien de nombreux volumes sur les relations homme - femme : http://www.optionsante.com/yd_livres.php. Il est le créateur de l’Approche psycho-sexuelle appliquée aux couples (APSAC) http://www.optionsante.com/yd_formation.php, formation réservée pour les intervenants en thérapie conjugale.
Toute relation amoureuse évolue selon des étapes qui ont été très bien analysées par les psychologues : la passion, la lutte pour le pouvoir, le partage du pouvoir, l’engagement et l’ouverture sur autrui.
La passion
Pendant la séduction qui culmine dans la phase de la passion, première étape de la relation amoureuse, vous n’êtes pas encore certain que la relation est bien établie ; hommes et femmes se montrent alors sous leur plus beau jour afin de séduire et de conquérir l’autre. C’est pendant cette phase que les hommes sont les plus communicatifs et les plus attentifs : ils soignent leur image et sont intéressés par tout ce que vous dites ; ils n’ont d’yeux que pour vous et vous complimentent sans cesse. C’est pendant cette phase que la femme regarde et écoute l’homme avec la plus grande admiration : elle est toujours prête à se coller et à faire l’amour avec vous, aussi souvent que vous le désirez ; elle ne vous critique jamais et est prête à vous suivre dans tous vos projets.
En même temps, vous auréolez la personne convoitée : c’est votre âme sÅ“ur, votre prince, votre princesse et l’amour que vous éprouvez l’un pour l’autre surmontera toutes les épreuves. Vous passez vos nuits à bavarder et à faire et refaire l’amour. Vous ne pouvez plus vous passer l’un de l’autre : vous êtes éperdument amoureux, peut-être même pour la véritable première fois de votre vie. C’est la phase que l’on voudrait faire durer toujours.
Les biochimistes ont démontré que, pendant cette phase, le cerveau humain produisait une hormone appelée la phényléthylamine. C’est cette hormone qui serait responsable des états euphoriques que l’on vit lorsqu’on est en amour. Cette hormone aurait les mêmes effets que la cocaïne. Si la personne désirée vous quitte lors de cette période, c’est le manque, la peine d’amour. Si vous êtes un drogué de la phényléthylamine, c’est vous qui partirez lorsque vous sentirez que la passion diminue pour trouver ailleurs une nouvelle flamme qui restimulera la production de phényléthylamine. Vous irez de passion en passion, incapable de véritable engagement amoureux.
Par contre, si vous acceptez la baisse de la passion, votre cerveau remplacera la production de phényléthylamine par la production d’endorphines qui, elles, possèdent les mêmes propriétés que la morphine. Vous vivrez alors des jours de bonheur tranquille : vous pourrez dormir en paix, en silence, dans les bras l’un de l’autre. Vous n’aurez jamais été aussi bien, aussi en harmonie de toute votre vie. Votre couple vous comblera.
Hélas, la passion… passe ! En fait, pendant la phase de passion, vous n’étiez pas réellement amoureux de l’autre personne ; vous étiez amoureux des sensations que l’idée que vous vous faisiez de l’autre personne provoquait dans votre corps et votre tête. Vous avez ignoré tous ses petits défauts ; vous n’avez vu et entendu que ce qui faisait votre affaire ; vous avez mis de côté tout ce qui pouvait émousser votre passion. Et vous vous êtes mariés ou, comme disent les espagnols, vous vous êtes « mis en maison » (casarse) ; vous avez commencé à cohabiter.
La lutte pour le pouvoir
Mais voilà que votre corps et votre tête se sont accoutumés aux effets de la phényléthylamine et des endorphines. Vous êtes toujours heureux, heureuse, mais l’intensité de votre bonheur s’est atténuée et vous revenez progressivement sur terre. Surprise, vous vous rendez compte que votre prince charmant se conduit parfois comme un crapaud, que votre princesse charmante sort de plus en plus régulièrement ses griffes et ses crocs. Vous prenez contact avec la personne réelle avec laquelle vous êtes en amour.
Vous entrez dans la deuxième phase de votre relation de couple : la lutte pour le pouvoir. L’anxiété et l’insécurité de la séduction et de la passion vous forçaient à vous montrer sous votre meilleur jour ; la sécurité de votre bonheur et la certitude que l’autre vous aime vous permettent de vous laisser aller et de vous montrer sous votre vrai jour. Vous ne faites plus semblant, vous êtes vous-mêmes et vous commencez à dire et même à exiger ce que vous attendez de votre relation de couple. Vous l’aviez déjà dit, mais l’autre vous admirait et il(elle) n’a pas réellement entendu ce que vous disiez. S’il est vrai que l’amour est aveugle, il rend aussi sourd.
C’est alors que vous vous rendez compte que l’autre ne partage pas tout à fait vos points de vue sur les loisirs, l’argent, le choix de la maison, la répartition des tâches ménagères, le nombre et l’éducation des enfants, les ami(e)s, la fréquence des rapports sexuels, le type et l’endroit de vos vacances, le choix des films… en fait, la façon d’aimer et de s’investir dans le couple.
Vous vous rendez compte qu’il met l’accent sur sa carrière, alors que vous voudriez qu’il s’occupe davantage de la famille. Vous vous rendez compte qu’elle veut bien faire l’amour, mais à sa manière. Vous êtes méticuleuse, il laisse tout traîner. Vous adorez les argumentations serrées, elle met de l’émotion partout. Vous aimez les grands rassemblements de famille, il préfère aller à la chasse ou à la pêche avec ses amis. Vous aimez lire votre journal le matin, elle a toujours quelque chose à vous reprocher. Vous aimez les téléromans ; il préfère les émissions sportives. Il projette une retraite dans le sud ; vous préfèreriez être près de vos petits-enfants. Ainsi de suite.
Cette lutte pour le pouvoir est inévitable et même nécessaire. C’est cette lutte qui permet de savoir à qui l’on a affaire et qui nous permet d’affirmer nos besoins et attentes face au couple. Cette lutte amène les deux partenaires à se situer l’un par rapport à l’autre. Malheureusement, la majorité des couples s’enlise dans cette lutte et s’engage dans des impasses :
« C’est toi qui as commencé ! » « Non, c’est toi ! »
« Si tu m’écoutais aussi quand je te parle. »
« Toi et ta maudite famille ! Vous êtes tous pareils. »
« Si t’arrêtais de critiquer pour faire changement. »
« Si tu ne remettais pas toujours tout à demain. »
« Si tu te ramassais, aussi. »
« Si tu faisais un homme (une femme) de toi. »
« Qu’est-ce j’ai fait au bon Dieu pour me retrouver avec toi? »
« On dirait que tu le fais exprès. »
« Je te l’avais bien dit. »
« Tu les (en parlant des enfants) laisses toujours en faire à leur tête. »
« Tu n’as qu’à t’en occuper un peu plus (des enfants). »
« Tu veux toujours avoir raison ».
« De toute façon, tu ne comprendras jamais rien ».
« Bon, c’est reparti ! »
« C’est ça, va-t-en ! »
Ces paroles vous sont familières. Ne vous en faites pas, vous êtes normaux. Nos deux amants intimes et passionnés deviennent, lors de cette phase, deux ennemis intimes. Tous les deux s’aiment et veulent continuer de s’aimer, mais les frictions sont de plus en plus nombreuses. Ces frictions sont dues aux différences existant entre les hommes et les femmes, aux différences existant entre cet homme particulier et cette femme particulière ; elles sont aussi dues à nos attentes frustrées face à la vie de couple et au paradoxe de la passion, i.e. la coexistence du besoin de fusion passionnelle et du besoin d’autonomie.
À ce stade, se joue l’avenir du couple. Plus de la moitié des couples divorceront et beaucoup répèteront la même dynamique avec un nouveau partenaire. Trente pour-cent 30 % des couples se résigneront, développeront une relation de couple déséquilibrée, se feront une guerre entrecoupée de périodes d’accalmies (sursaut de production de phényléthylamine) et rechercheront des compensations dans le travail, la famille ou ailleurs. À peine 20 % des couples réussiront à transformer cette lutte inévitable pour le pouvoir en partage du pouvoir, troisième étape de la vie de couple.
Le partage du pouvoir
Pour bien comprendre la dynamique du couple, comparons-le à une journée. Une journée est constituée d’un jour et d’une nuit dont la durée varie selon les saisons. Le jour est rempli de lumière et d’activités. La nuit est remplie d’obscurité et de repos. À l’aube et au crépuscule, le jour et la nuit se rencontrent. Ces deux périodes sont remplies d’harmonie et de paix : il ne fait ni jour, ni nuit ; il ne vente pas ; les oiseaux ne chantent plus ; le temps est comme suspendu. On le voit, le jour et la nuit se complètent pour former la journée, comme le Yin et le Yang le font pour constituer le Tao.
L’homme possède des facultés qui lui sont uniques et une façon bien à lui d’envisager la vie et le couple ; la femme possède des facultés qui lui sont uniques et une façon bien à elle d’envisager la vie et le couple. La femme peut remplir des fonctions (grossesse, enfantement et allaitement, séduction, préoccupations relationnelles, réceptivité, capacité de relation symbiotique) que l’homme ne peut remplir, ni même comprendre. L’homme possède des capacités (force physique, créativité matérielle, esprit de compétition, intrusivité, instinct de chasseur, besoin d’indépendance) que la femme ne peut égaler ni même comprendre. On ne peut demander à l’homme de remplir les fonctions féminines et vice-versa, tout comme on ne peut demander à la nuit de remplir les fonctions du jour et vice-versa. On ne peut demander aux deux que de se compléter pour former un tout. La femme ne peut demander à l’homme de vibrer symbiotiquement avec elle comme elle peut le faire avec son foetus ; l’homme ne peut s’attendre à ce que sa femme « embarque » dans ses activités comme il peut le vivre avec ses amis ou associés. Ces deux attentes sont des illusions parmi tant d’autres.
Dans le partage du pouvoir, l’un et l’autre, après avoir pris connaissance des particularités individuelles de cet homme et de cette femme, acceptent d’utiliser ces particularités, différentes et parfois contradictoires, pour former leur couple. L’un et l’autre ne cherchent plus à transformer l’autre pour répondre à ses attentes propres ; l’un et l’autre n’accusent plus l’autre d’être le responsable de la frustation de ses illusions adolescentes face au couple. Les deux prennent conscience qu’ils sont amants et ennemis intimes (il y aura toujours des différends même dans les couples les plus heureux), mais les deux mettent dorénavant l’accent sur l’intimité et l’apport personnel, quoique différent, de chacun dans ce couple unique. Les deux exploitent les qualités de l’autre au profit du couple (et de la famille). Les deux partagent le pouvoir qu’ils transfèrent maintenant au couple, comprenant que seul le couple, et non pas l’autre, peut satisfaire les besoins de chacun.
L’engagement
L’un des principaux indices démontrant que le couple a partagé le pouvoir et qu’il est prêt à entrer dans la quatrième phase de son évolution, c’est qu’il lui est devenu maintenant plus facile de redire « Je t’aime ». Durant la lutte pour le pouvoir, « Je t’aime » était souvent étouffé par « Je te déteste ». Durant cette phase, dire « Je t’aime » équivalait à donner plus de pouvoir à l’autre. Le «Je t’aime» de la troisième phase n’a plus du tout la même signification que le « Je te mangerais » de la passion fusionnelle. Il signifie plutôt « Je m’engage »
« Je connais maintenant tes défauts et tes qualités, tes forces et tes faiblesses, et je les accepte, même si des fois… »
« Tu n’es plus la belle princesse charmante à laquelle j’avais rêvé, tu n’es plus le prince charmant et fort de mes rêveries, ton corps a même subi l’épreuve du temps, mais je suis si bien avec toi. »
« Je connais un peu mieux tes besoins et tes attentes face à Nous et je m’engage à tout faire pour les satisfaire ; nous savons très bien que je n’y parviendrai pas, mais je sais que tu va apprécier mes efforts. »
« Je ne veux plus te changer, je t’accepte tel(le) que tu es. »
«Tu n’es pas le partenaire idéal, j’aurais pu vivre avec quelqu’un d’autre, mais je suis content(e) du chemin que Nous a parcouru et je veux continuer de vieillir avec ce Nous.»
Le « Je t’aime » de la quatrième phase signifie en fait « Je Nous aime ». Les deux amants sont devenus de réels complices. C’est à cette étape-ci que l’on devrait contracter mariage et non au moment de la passion aveuglante.
Ouverture sur autrui
Il est facile, au restaurant par exemple, de différencier les vieux couples qui s’aiment de ceux qui se sont fait la guerre et qui ne parviennent plus à communiquer. Les couples heureux se touchent, se regardent, se parlent ; leurs yeux sont pétillants ; ils sont animés. Ils respirent l’harmonie et la paix et deviennent, pour nous, des exemples que la vie à deux est possible. C’est ce que j’appelle l’ouverture sur autrui, la dernière étape de l’évolution du couple.
D’ailleurs, ces couples, souvent à la retraite, s’impliquent socialement, font du travail bénévole ou sont tout simplement toujours prêts à partager leur bonheur avec leurs enfants, leurs petits-enfants, leur entourage immédiat et lointain. Ils font preuve d’une très grande réceptivité, ayant été, malgré les épreuves inévitables de la vie, comblés par celle-ci. Ils deviennent des modèles à imiter et sont souvent des modèles enviés.
À l’inverse, il est facile aussi d’identifier, toujours au restaurant, les couples qui en sont encore à l’étape de la passion ou ceux qui n’ont jamais surmonté la lutte pour le pouvoir. Ces derniers échangent à peine quelques propos ; l’homme lit souvent un journal ou jette des regards tout autour ; la femme, tête baissée, regarde son mari par en-dessous, espérant qu’il s’intéresse à elle et lui en voulant de ne pas le faire. La tension entre les deux est évidente tout comme, pour les jeunes couples, la passion est évidente parce que rien n’existe autour d’eux.
Dans la réalité, ces étapes ne sont évidemment pas aussi tranchées ; elles s’imbriquent et se superposent. Mais elles illustrent bien les grandes étapes à travers lesquelles évoluent tous les couples. Nous aurons l’occasion, dans les prochains numéros de Corps et Âme, de revenir sur les différences existant entre les hommes et les femmes afin de mieux comprendre les mécanismes qui font qu’un couple peut être heureux et complémentaire ou en guerre et très malheureux.
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Le temps des Fêtes est un moment privilégié pour les retrouvailles familiales. Mais, paradoxalement, c’est aussi un moment de tension pendant lequel des conflits larvés explosent. De nombreux couples en difficulté ont tenté de suspendre temporairement leurs conflits durant cette période, mais leurs tentatives d’apaisement ont souvent donné un résultat inverse.
Je reçois souvent des hommes et des femmes qui me demandent quand et comment annoncer à leur partenaire leur désir de le quitter et comment faire part de cette décision aux enfants sans les traumatiser. Plusieurs se disent : « Laissons passer le temps des fêtes et, après, je leur annoncerai. » C’est l’une des raisons qui expliquent pourquoi ces réunions familiales ne se déroulent pas toujours dans une atmosphère aussi festive qu’elles le devraient. Chaque membre de la famille percevant bien qu’il se passe quelque chose.
Famille et belle-famille
Lorsque ces réunions englobent la famille élargie et la belle-famille, les sources de conflits potentiels se multiplient : l’oncle tannant toujours en train de faire des farces grivoises ; la tante alcoolique qui envahit tous et chacun qui veut bien l’écouter ; le beau-frère aux mains baladeuses ; la belle-sœur indiscrète qui révèlent certains secrets ; les enfants qui courent partout et ne cessent de crier ; l’organisatrice en chef qui finalement se retrouve la seule à ne pas vraiment s’amuser ; son partenaire qui veut bien l’aider, mais à sa façon et non comme elle le voudrait…
Sans parler de tous les ragots qui se feront les jours suivants sur la façon dont la soirée s’est déroulée ou aurait dû se dérouler. Combien de couples et de familles sont sortis meurtris d’une période qui aurait due être faite de joyeuses retrouvailles entre gens qui s’aiment ? Combien se disent que l’on ne l’y reprendra plus, mais qui se propose l’année suivante pour organiser le party, pensant faire mieux.
Apprendre à être heureux
Les recherches effectuées par Stephen Klein (Apprendre à être heureux, R. Laffont) ont démontré que l’expression de nos émotions trace un sentier dans les neurones correspondants et nous rendent plus émotifs. Exprimer souvent votre colère vous rendra plus irritable. Pleurer accentuera votre dépression. Idem pour la culpabilité, la peur. Bonne nouvelle : ce qui est vrai pour les émotions dites « négatives » l’est aussi pour la joie, base de l’enthousiasme et de l’amour.
Comme le dit si bien le petit prince, c’est le temps accordé à ma rose qui rend ma rose importante. Mettre de côté les rancunes, les frustrations, les mauvais souvenirs pour mettre l’accent sur le présent et les sentiments positifs vous fera du bien et vous rendra plus heureux. Si, en plus, vous prenez le temps de considérer votre partenaire comme un invité spécial dans votre vie et lui exprimez votre amour, en parole et en gestes, vous deviendrez de plus en plus amoureux, selon la thèse du neuropsychologue Klein, thèse que je partage à 100 %. Plus vous exprimez une émotion, plus il devient facile de l’exprimer. Et comme les émotions sont contagieuses, à vous de choisir quelle contagion vous voulez transmettre : l’amour ou la guerre.
Si vous ne prenez qu’une seule résolution pour 2010, prenez celle de dire beaucoup plus souvent « Je t’aime ». Dites-le à votre partenaire et aux enfants issus de ce couple, mais dites-le aussi à vos parents (avant leur grand départ), à vos frères et sœurs au-delà des rancunes accumulées. Dites à votre belle-famille que vous l’appréciez. Dites-le à vos amis. Dites-le en les touchant : ils en seront touchés. Je vous garantis que le prochain temps des Fêtes sera vécu dans un climat plus harmonieux. Ce sera le plus beau des cadeaux.
Pour connaitre votre taux de bonheur conjugal actuel, rendez-vous sur www.coupleheureux.com
Joyeux temps des fêtes et une année 2010 remplie d’amour !
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SALON DU LIVRE DE TORONTO (10 au 13 décembre 2009)
QUI SONT CES FEMMES HEUREUSES ?
La femme, l’amour et le couple
Ce que toute femme doit savoir sur les hommes
(Le livre est maintenant disponible en Europe)
Les Éditions Option Santé sont heureuses de vous annoncer la venue, pour la première fois, du psychologue Yvon Dallaire au salon du livre de Toronto du 10 au 13 décembre 2009 à l’occasion du lancement du second tome d’une trilogie sur le bonheur conjugal : Qui sont ces femmes heureuses ? La femme, l’amour et le couple.
Dans Qui sont ces couples heureux ?, le premier livre de la trilogie, Yvon Dallaire trace un portrait réaliste et complet du couple heureux. Dans Qui sont ces femmes heureuses ?, l’auteur nous dit ce que toute femme doit savoir, faire et surtout cesser de faire pour trouver l’intimité, la communication et l’engagement qu’elle désire vivre en couple. Il démontre que l’homme est quelque peu différent de la femme et qu’accepter son fonctionnement et agir en conséquence augmente les probabilités de faire de lui un homme dévoué. (À venir en 2010 : Qui sont ces hommes heureux ? Les hommes, l’amour et le couple.)
Un livre pour les femmes qui aiment les hommes !
Venez rencontrer l’auteur lors de ses séances de dédicaces
Jeudi, 10 décembre, 14h à 17h
Vendredi, 11 décembre, 14h à 17h
Samedi, 12 décembre, 14h à 17h
Ou lors de sa conférence sur “La cuisine des amoureux : les ingrédients de la séduction”
Dimanche, le 13 décembre à 12h30 à 13h30
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Dans mon livre Qui sont ces couples heureux ? Surmonter les crises et les conflits du couple, le premier d’une trilogie sur le bonheur conjugal, j’ai tracé un portrait réaliste et complet du couple heureux. Dans Qui sont ces femmes heureuses ?, je décris tout ce que toute femme devrait savoir, faire et cesser de faire pour trouver l’intimité, la communication et l’engagement qu’elle désire, en toute légitimité, vivre à l’intérieur de son couple. Je confirme que l’homme est quelque peu différent de la femme et qu’accepter son fonctionnement et agir en conséquence augmente les probabilités de la femme faire de lui un homme dévoué tout en respectant l’homme qu’elle aime.
J’aurai l’occasion de faire de même avec Qui sont ces hommes heureux ? L’homme, l’amour et le couple. J’espère que le livre sera disponible pour la fin 2010.
Le livre Qui sont ces femmes heureuses ? s’adresse à toutes les femmes déçues de l’évolution de leur couple. À toutes celles qui songent sérieusement à une séparation temporaire ou au divorce. À celles qui, ayant cru avoir trouvé l’homme de leur vie, ont réalisé rapidement que celui-ci manifestait des défauts qu’il refuse de reconnaître ou de questionner. À toutes celles qui ont l’impression d’être les seules à s’investir dans leur couple.
Ce livre s’adresse à toute femme qui croit qu’elle serait plus heureuse si son partenaire était plus romantique et spontané, moins génital et plus sensuel ; si son homme s’occupait plus d’elle et de ses enfants que de son travail, de ses amis ou de ses loisirs ; s’il tenait compte de ses besoins et désirs ; s’il écoutait et communiquait mieux et plus ; s’il ne passait pas tant de temps devant la télévision ou l’ordinateur ; s’il faisait plus de choses avec elle ; s’il participait davantage aux tâches ménagères, s’il ne fallait pas tout le temps lui dire quoi faire ou cesser de faire, s’il se préoccupait davantage de son hygiène corporelle, si… si… si…
Ce livre s’adresse évidemment à toutes celles qui ont multiplié les échecs amoureux et qui, désabusées de la vie à deux, en arrivent à croire que mieux vaut rester seule plutôt que de s’engager avec un homme qui finira par se lasser d’elles, ou elles de lui. À toutes celles qui, après une période passionnelle de quelques mois ou quelques années, découvrent que leur homme n’est pas celui qu’elles avaient imaginé et qu’il leur tombe de plus en plus sur les nerfs.
Ce livre s’adresse à toutes les femmes qui sont convaincues que l’homme a peur de s’engager, qu’il n’est qu’un adolescent attardé, qu’il refuse de prendre ses responsabilités, qu’il est incapable de vraiment communiquer et qu’il fait exprès pour ne pas comprendre. Ce livre s’adresse à la femme qui est assurée que s’il voulait faire un effort, elle serait tellement plus heureuse.
Ce livre ne s’adresse pas aux femmes qui sont assurées d’avoir raison ou qui se présentent comme des victimes continuelles des machinations masculines. Il ne s’adresse pas non plus à celles qui ont accumulé rancune sur rancune, qui rendent responsable leur partenaire de leurs frustrations passées, présentes et à venir et qui sont, par le fait même, incapables de pardonner et d’évoluer, donc d’apprendre.
Les hommes ont évidemment une responsabilité dans la réussite ou non d’un projet conjugal ; il en sera question dans mon livre Qui sont ces hommes heureux ? Pour le moment, je m’adresse aux femmes de bonne volonté qui veulent prendre l’entière responsabilité de leur bonheur personnel et conjugal. Car, en réalité, ce livre s’adresse aux femmes responsables qui désirent prendre vraiment leur couple en main afin d’en faire une réussite complète. Je ne veux surtout pas m’adresser aux femmes qui ont l’impression que leur bonheur passe par le regard de l’autre, qui croient que l’homme réel doit correspondre à l’« homme - âme sœur », celui qui ne peut exister que dans leur tête et qui, ne pouvant le trouver, se proclament victimes des hommes.
Après avoir vérifié si cela vaut la peine d’investir dans leur couple (chapitre un), j’ai la prétention d’enseigner aux femmes ce qu’est un homme sain (chapitre deux), comment il fonctionne normalement (chapitre trois), les concessions qu’elles doivent faire pour obtenir le maximum d’un homme (chapitre quatre), les attentes masculines qu’elles doivent à tout prix respecter (chapitre cinq), les besoins conjugaux fondamentaux des hommes (chapitre six) et, finalement, comment séduire un homme et le garder pour la vie si tel est leur objectif (chapitre sept). Tout au long de ces chapitres, je dévoilerai des stratégies qui ont fait leurs preuves pour aider les femmes à être plus heureuses à long terme avec un homme, n’importe quel homme de leur choix. La mise en pratique de ces conseils devrait permettre d’obtenir l’affection, la communication, la transparence, le soutien et l’engagement dont toute femme a besoin pour s’abandonner totalement à l’homme de sa vie et être heureuse.
Ne demandez pas ce que votre conjoint peut faire pour améliorer votre couple, demandez-vous ce que VOUS pouvez faire.
J’espère que ce livre sera utile à beaucoup plus de femmes – et d’hommes – que je ne peux en rencontrer dans mon bureau de consultation et qu’il permettra d’augmenter le pourcentage de couples heureux à long terme.
P.S. Pour feuilleter quelques pages du livre : http://www.entrepotnumerique.com/p/2351?mid=16&l=fr
Bonne lecture.
Yvon Dallaire,
Psychologue et auteur
www.yvondallaire.com
Publié aux Éditions Option Santé - Parution : septembre 2009
Prix : 24,95 $ / 18 euros / 38,50 CHF - ISBN : 978-2-922598-26-1
675, Marguerite-Bourgeoys, Québec (Québec) G1S 3V8, Canada
Tél. : 418-687-0245 Télécop. : 418-687-4312
Éditions Option Santé, Québec, Canada
Voir la page d’Option Santé : www.optionsante.com
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